La Petite Vite de Roos Spekto

Je te jure, une soirée Benelux et grosses quilles, c’est toujours spectaculaire. Heureusement, cette année, Rio n’a pas plongé dans un escalier quelconque (lire Holy Diver), mais laisse-moi te dire que l’action ne manquait pas…

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Reculons le temps un peu. Au début du mois de mars, MA Rush ose relancer les équipes philozique et spektophiles afin d’organiser la quatrième classique de bowling. Mon frère Phil est bien d’accord, mais scotché devant sa télé et la jupe de sa mère, rien n’avance. Le motard mélomane décide alors de prendre le taureau par les cornes et de convoquer les troupes au vieux Forum en ce vendredi 13. Une quinzaine de joyeux drilles répondent à l’appel.

Respectant la tradition, les aspirants kingpins se bâtissent un fond au Benelux, là où l’impériale Josée règne et conserve sa bonne humeur malgré le brouhaha causé par le groupe. Les American Double IPA et Cuda en fût rivalisent avec les bouteilles de Lapsus et de Grande Armada Réserve, entre les tournées de shooters et les amuse-gueules. Le rythme est rapide et soutenu, comme le dernier album de Judas Priest que j’écoute en boucle depuis sa sortie. Tu l’as pas encore acheté? Sérieusement, je te le conseille. Assurément du matériel à considérer dans le top de fin d’année. Tu doutes encore? Écoute ça!

Question d’éviter une nouvelle commotion cérébrale à Rio, une laisse relie l’homme à l’un de nous. Malgré tout, ça prend parfois quatre mains pour le soutenir, surtout quand le chemin est parsemé d’obstacles réels ou imaginaires. Incroyable mais vrai, le frère arrive en un seul morceau au vieux Forum, même si MA Rush nous a fait visiter le complexe Alexis Nihon trois fois plutôt qu’une, perdu dans ses souvenirs de son premier show de Rush et de Voivod en 1990. Il paraît qu’il est venu dans ses shorts pendant Red Barchetta et, une deuxième fois, lors de l’interprétation de Tom Sawyer. Le gars avait de la mine dans le crayon dans sa jeunesse omnivore…

Comme toute bonne soirée bien arrosée, un petit moment inquiétant survient, cet instant où tout le monde se regarde en se demandant ce qu’il vient de se passer. Alors que Dubby et le Hipster tentent d’inscrire le nom des participants sur les trois machines vintage du Forum Sports Bar & Games Center, le Stud lâche un drôle de cri étouffé par quelques gorgées de trop provenant des pichets qu’il tient dans chacune de ses imposantes mains. En gros, il essaie de nous faire réaliser que Rio est disparu. On a réussi à l’amener ici vivant et fonctionnel, faudrait pas tout bousiller en l’égarant quelque part!

Pendant que je le cherche un peu partout dans la place avec Dada, Brun #2 (je le sais, des noms aussi ridicules, ça ne s’invente pas!) et le Stud, Pousty tente de compter le nombre de joueurs pour aider les deux nonos à finaliser les inscriptions. Cré Pousty, à chaque décompte, le nombre varie. Douze, quatorze, treize, seize… les gens bougent trop, il calcule mal avec ses doigts trop peu nombreux ou se compte lui-même en double! Nous étions pourtant bel et bien quinze selon Spitty puisqu’il avait supposément compté trente souliers de bowling. Comme m’a déjà dit sa blonde, et les autres avant elle, vaut mieux ne pas l’obstiner quand il est dans cet état…

Après un quart d’heure de recherches intensives, l’inquiétude est palpable dans le groupe, contrairement aux jeunes Vietnamiennes de l’allée jouxtant les nôtres qui semblent plutôt soulagées de ne plus avoir le vieux libidineux dans leur entourage. Philozique n’en mène pas large, lui qui a perdu son beau-père plus tôt dans la journée. De son côté, le Stud remplit ses pichets avec les verres autour de lui pour calmer sa soif et sa conscience; c’est lui qui avait accompagné Rio à la caisse. Avait-il délesté de sa laisse mon fragile frangin trop tôt? Cette question se lit dans son regard flou.

Alors que l’ambiance festive est à un cheveu de se dissiper, Dubby se lève sur le banc greffé au moniteur et demande aux gens présents de baisser le volume afin d’écouter sa courte présentation:

Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir l’incroyable, l’indescriptible, l’invincible, l’irrévérencieux… le seul et unique Enculator!

Et marchant d’un pas lourd et incertain des toilettes à l’allée numéro 14 sous les applaudissements nourris de la foule ébahie, je reconnais mon frère derrière son masque de lutteur mexicain, revêtant une amusante cape artisanale. Avant même qu’il ne plonge deux doigts et son pouce dans les trous de la boule trop lourde pour sa force du moment, je sais que le reste de la soirée sera grandiose…

rio

(RIP Michel Gaudreau)

 

 

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