Combat #4: Haken ou Elder?

Pour ce quatrième combat, l’équipe a décidé de déposer deux bombes sur la table. MA Rush et Roos Spekto ont écouté à plusieurs reprises les dernières missives de Haken et de Elder. Voilà leur verdict!

LE CHOIX DE MA RUSH: HAKEN

Haken - Virus (Album Review) - The Prog Report

Ce 4e comparo opposant la formation américaine basée en Allemagne Elder et le groupe britannique Haken m’a permis de découvrir deux très bon albums, mais surtout, de constater que Haken est maintenant dans les ligues majeures du Métal Progressif…

Tout d’abord, ce Omens, lancé par Elder en avril dernier. Nous sommes ici en présence d’un album concept à la frontière entre le Rock progressif et le Rock psychédélique. En tout, cinq pièces d’une durée moyenne de 10 minutes traitant de la surconsommation et de ses impacts sur la société.  La voix du chanteur Nicholas DiSalvo est très accessible et utilisée comme un instrument au même titre que les guitares ou les claviers présents sur l’album. Il n’y pas d’excès sur ce long-jeu, à part la durée des chansons. Il s’agit d’un album, ma foi, très atmosphérique qui évoque parfois Pink Floyd ou Porcupine Tree. J’ai particulièrement apprécié les pièces One Light Retreating et In Procession. Par contre, si je ne choisis pas ce disque cette semaine, même s’il est plus que solide,  c’est tout simplement parce qu’il ne me renverse pas comme le nouveau Haken…

Paru à la  fin de juillet, Virus, le nouvel album de la formation britannique Haken, se veut la suite conceptuelle du précédent opus paru en 2018, Vector.  L’histoire de l’album Virus se déroule en fait 20 ans après les tribulations du patient catatonique de Vector et de son docteur qui lui offrait des traitements psychiatriques un peu louches à l’hôpital fictif  Mountainview… Pour ce nouvel album, l’histoire se situe dans les années 70 et elle explique aussi un mystère de l’album The Mountain paru en 2013 : qui est le fameux Cockroach King…    En effet, la suite de 17 minutes, Messiah Complex, dévoile l’identité du personnage tout en renversant l’auditeur par sa complexité, ses changements de tempo multiples et ses guitares violentes d’une précision chirurgicale. La première pièce, Prosthetic, avec son refrain accrocheur et ses guitares à la Meshuggah, frappe vraiment l’esprit. La 3e chanson, Carousel, d’une durée de 10 minutes, est vraiment une  réussite et Canary Yellow, avec ses sonorités à la Radiohead, est vraiment surprenante.  Les gars de Haken ont vraiment frappé un coup de circuit avec cet album, possiblement parce qu’ils ont mis le paquet pour construire des morceaux  souvent brutaux mais toujours accrocheurs, tout en élaguant les trop longs solos qui pouvaient parfois sembler un peu superflus sur les longs jeux  précédents. La voix de Ross Jennings se retrouve parfois sur le terrain de Maynard James Keenan, ce qui ajoute une flèche de plus à son arc. Sur Virus, on retrouve toujours les quelques influences habituelles d’un album de Haken, tel Dream Theater, Gentle Giant ou King Krimson. Ceci dit, le groupe sonne de plus en plus comme Haken, et ça, c’est une bien bonne chose…

 

LE CHOIX DE ROOS SPEKTO: ELDER

Omens | Elder

Quel judicieux choix de combat celui-là! Deux groupes qui attirent mon attention depuis des années sans « tomber exactement dans ma palette » devrais-je t’avouer, comme si je les admirais plus qu’adorais; tu saisis? Mais là, on vient de passer à un autre niveau dans les deux cas.

Mon problème avec Haken est d’ordre onanique. Non, je ne me touche pas en écoutant les albums de cette formation, mais maudit que j’ai souvent l’impression qu’il y a trop de masturbation intellectuelle dans leur procédé créatif. Beaucoup de mathématiques sonores, une suite de Fibonacci musicale sur les stéroïdes mettons. C’est très impressionnant, un peu comme des olympiens un jour de compétition, après des années de répétitions, mais ça rend parfois le tout un peu moins humain, un peu trop technique, un peu moins chaleureux. Par contre, avec ce fascinant Virus, Haken est venu me chercher. J’ai même fini par apprécier un tantinet la voix de Jennings, ce qui n’est pas peu dire! Autre aveu, la pièce Invasion me reste dans les oreilles après chaque écoute. Au final, je préfère les passages musclés instrumentaux de l’album, mais l’ensemble est digne de se retrouver dans mon palmarès de fin d’année… ou presque!

Omens est grandiose alors? Oh que oui! Elder a enfin réussi à m’accrocher de A à Z avec une galette. Lore et Reflections of a Floating World étaient passées bien proche, je dois te le dire, mais elles sont un peu tombées dans l’oubli avec le temps et malencontreusement contre d’autres rondelles ces années-là. Ce ne sera pas le cas en 2020! Omens est puissant à ce point pour moi. LE changement? Difficile à cerner précisément, mais j’irais du côté de l’épuration. Contrairement à Haken justement, on sent que Omens n’a pas cherché à nous en mettre plein les oreilles, à nous éblouir par ses prouesses techniques (même s’il y en a quelques-unes ici et là glissées en toute sobriété). Pour imager un brin mon propos, je dirais qu’avec Omens on est passé du prog/post-metal à du post-prog/post-Floyd, rien de moins! On nage dans le psychédélique progressif, comme si les albums Meddle et Wish You Were Here avaient été assimilés, digérés et récupérés pour établir les ambiances des cinquante-cinq minutes de cette oeuvre divisée en cinq chapitres. La voix de Nick DiSalvo mise en évidence et le jeu plus atmosphérique du quatuor donnent une touche plus smooth et planante à l’ensemble. Au final, on a une oeuvre incontournable, profondément humaine, que tu dois te procurer dans les plus brefs délais! Pis si t’es si lousse que ça sur le cash par les temps qui courent, achète donc le Haken par la même occasion, tu me diras merci plus tard…

 

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