La Petite Vite de Roos Spekto

Malgré l’intense sifflement du vent, je parvenais à entendre les grognements nécessaires à mon orientation. Et lorsque je suis arrivé près de l’eau, j’ai stationné la Spekto en sachant que le Morse n’était pas loin. Quatre ou cinq minutes de marche ont suffi pour trouver l’endroit; quelques-unes de plus pour avoir une pinte de Hypa en main. Quelle version? Aucune idée, mais elle était tellement bonne que je l’ai engloutie en trois gorgées. J’ai déposé mon coat de cuir au vestiaire, acheté des t-shirts au comptoir de merch puis rejoint mes amis sur le dance floor. La foule était particulièrement propre pour une soirée punk rock, ça sentait plus le savon Ivory que le swing habituel que mes narines perçoivent dans les trous montréalais que j’adore tant.  À Saint-Jean-sur-Richelieu, la misère prend différentes odeurs et couleurs.

Quand Capable! est monté sur les planches, ça mettait instantanément de la joie dans mon cœur durement éprouvé ces temps-ci. J’aime tellement la simplicité volontaire et l’humilité de ce band-là. Rien de compliqué, aucune prétention mais de la générosité pis de la personnalité à revendre. Les tounes de Hot-Dog Chicane rentrent autant au poste que celles des deux précédents EP. Mais je dois avouer que c’est lors de l’interprétation du désormais classique Le Punk Est Mort Vivant que je capote le plus par en-dedans.

J’ai failli perdre mon t-shirt jaune moutarde fraîchement acheté en allant m’acheter une autre consommation. Pendant ce temps, Spitty buvait de l’eau, Pousty textait sa blonde aux 10 minutes pour lui dire qu’il se comportait bien et Dubby jasait avec une connaissance d’un gars des Translaters, groupe old school qui m’a impressionné par son grand professionnalisme quelques minutes plus tard. Rio, lui, quêtait des cigarettes aux jeunes qu’il trouvait de son goût. Ironiquement, j’étais un peu seul malgré la présence de quatre de mes amis.

Pendant Barrasso, j’ai complètement perdu de vue mes potes. Le spectacle était trop solide tant sur le stage qu’autour de moi. De jolies jeunes dames m’encerclaient au grand mécontentement de leurs partenaires. Ça fait drôle à dire, mais force est d’admettre qu’il y a de la relève à Saint-Jean, de la belle relève si tu comprends ce que je veux dire, lecteur coquin. Peut-être un brin trop soignée et hygiénique, mais c’est un détail, n’est-ce pas? Plusieurs voyaient Barrasso pour la première fois; je ne compte même plus le nombre de fois que ce band m’a fait trippé en live. J’ai adoré les nouvelles pièces de l’album Colada; j’avais raté le lancement de l’album à cause de mon ancienne psy cet été. Je te raconterai peut-être ce bout-là une autre fois si tu me payes quelques bières…

Faut être honnête, les rois de la soirée étaient Les Marmottes Aplaties. Avant même que leur prestation ne débute, le tout Saint-Jean s’était massé près de la scène. Une chance que j’avais commandé une dernière pinte en vitesse car j’aurais eu du mal à revenir à ma place de choix. J’en profite pour remercier cette gentille punkette qui m’a relacé le soulier gauche avec un splendide sourire décelant sûrement ma vulnérabilité du moment. Grâce à elle, je n’ai point perdu ma chaussure lors des nombreuses vagues d’agitation qui accompagnaient les morceaux les plus populaires du band. C’était quand la dernière fois que j’avais vu les Marmottes? Je ne sais pas, mais ça remonte probablement à l’époque du Medley et à un spectacle avec Les Ordures Ioniques. Une superbe soirée pendant laquelle Dubby fantasmait sur la chanteuse des Ordures, surtout à cause de sa ceinture de balles. Ce soir, les Marmottes ont balancé tout ce qu’elles avaient à offrir en une heure et quart. Et c’est en pleine finale de Vanille que j’ai retrouvé pour de bon mes quatre lurons. Nous ne formions dès lors qu’un (oh oui un!) avec nos poings en l’air en chantant les phrases les plus percutantes de la discographie du band:

Jaws existe même pas
C’est rien qu’une fiction
Pour faire peur à vos morons
Assis dans le salon

Le reste du show n’a été que bonheur en chansons. L’ambiance et les souvenirs m’ont accompagné jusqu’à mon sommeil dans la Spektomobile alors que les amigos ont préféré retourner tranquillement à la maison par l’intermédiaire de Spit Taxi…

 

 

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