Essentiel désaccord

Ma dernière chronique philosophique remonte au 3 août, t’as pas besoin de me le rappeler, lecteur déçu. J’étais alors heureux de célébrer le premier anniversaire de Messorem, mais également peiné de constater que de tristes sires vomissaient du hate à propos du fonctionnement du majestueux release pour souligner l’événement. La poignée d’humains, si je peux ainsi les qualifier, avaient réussi à teinter de gris une journée qui était pourtant festive et presque parfaite. Le fragile individu que je suis a déprimé un bout après cela, ce qui explique ma semi-absence ici. Remarque que j’ai participé à des chroniques musicales et qu’il ne faut point amoindrir l’importance de celles-ci, mais bon… (d’ailleurs merci bière et musique pour cette fin de vacances!)

Peut-être es-tu comme moi un peu las de toute cette pesanteur ambiante autour de nous depuis le retour à une « vie un peu plus normale », celle du post-confinement. Il y a eu un ajustement des heures de bar et l’obligation du port du masque dans certaines situations qui se sont ajoutés, c’est vrai, mais à ce que je sache, on ne peut plus utiliser le terme « confiné » pour se décrire; n’est-ce pas? Pourtant, la grogne des insatisfaits est plus forte que jamais, du moins résonne davantage. Un peu comme lors du release de Messorem, c’est un petit pourcentage qui fait du bruit. 25% des gens sont contre le port du masque? Ça se peut, mais une majorité de ceux-ci n’agissent toutefois pas en stupidement pour autant. Ils ne sont pas tous niais, agressifs, conspirationnistes ou illuminés. Certains sont étonnamment plus posés que quelques lurons de mon propre camp, je dois l’avouer. Cela dit, ces bruyants personnages sont lourds, si peu représentatifs soient-ils…

Je t’écris en écoutant calmement l’album Death Drive de la formation américaine American Slang. Ça m’aide beaucoup à rester concentré ce genre de hardcore aux courbes métalliques, comme si notre Kennedy local se mettait à développer des mélodies au travers ses envolées colériques. Écoute par toi-même si tu ne me crois pas!

Il y a un certain équilibre dans ce truc et ça me fait réaliser que c’est ce qui manque cruellement dans notre monde d’aujourd’hui. On a atteint un point où le débat n’est presque plus possible (même si dans les faits la notion de débat est déjà un peu utopique). On devient par la force des choses toujours TRÈS POUR ou TRÈS CONTRE quelque chose, parfois par conviction mais souvent par esprit de compensation ou par une suite d’extrapolations croisées. Sincèrement, concernant la Covid par exemple, je pense que les craintifs devraient écouter un peu les dégourdis et vice-versa. Personne ne possède la vérité absolue, et à moins de tomber dans la phobie maladive d’un côté ou dans la théorie du complot farfelue de l’autre, chacun n’a pas nécessairement tout faux. Je sais, j’ai aussi ce réflexe de rire de certains de l’autre camp, surtout quand les propos sont mal exprimés, mal écrits, mal intentionnés, etc. Mais si on retire les extrémistes des deux côtés et qu’on s’écoute un peu, qu’on se laisse mutuellement un peu de place dans nos pensées, peut-être qu’on apprendrait à mieux relativiser la situation, non? Cela n’empêcherait pas les idiots d’aboyer haut et fort comme ils le font présentement, j’en conviens, mais peut-être qu’ils rallieraient moins d’individus un peu plus nuancés qui n’ont pas vraiment d’espace pour se manifester. Ce n’est pas pour rien que des milliers de personnes se rassemblent étrangement même si elles n’ont visiblement pas les mêmes intérêts…

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