La Petite Vite de Roos Spekto

Drôle de journée hier. Gros soleil une bonne partie de l’après-midi accompagné d’une petite brise frisquette, la bonne combinaison pour se retrouver sur une terrasse. À mon arrivée au Benelux, Galarneau joue à la cachette avec les nuages, ce qui ne m’empêche pas d’apercevoir les faces laides de Pousty, Gama, Spitty et mon frère Rio. Heureusement que Gia, Naty et la blonde de Philozique sont là pour embellir le paysage. Et quand ma DIPA arrive, tout semble parfait.

Or, l’arrivée du Stud change complètement l’atmosphère. Le Corey Hart de Villeray ne laisse personne indifférent, surtout pas le couple derrière nous. Quand le Stud s’adresse à eux, une lueur éblouissante jaillit du regard de la jeune dame. Malheureusement pour elle, le Stud ne s’assoira pas avec eux, il repartira avec une chaise pour se joindre à nous. La tristesse de la demoiselle jumelée à la jalousie de son accompagnateur crée une vibe négative autour d’eux, autour de nous.

Quand MA Rush arrive une heure plus tard, en flagrant manque de protéines végétales, il s’empresse de prendre l’autre chaise libre derrière. Cette fois, c’en est trop. Un conflit éclate. La fille sacre son camp en prononçant des paroles dans une langue étrangère. Le gars décide de quitter la terrasse pour entrer à l’intérieur de l’établissement, la tête bien basse évidemment, laissant un parfum malsain sur son passage. Odeur que le repas de MA Rush et l’haleine alcoolisée de mes amis n’arrivent point à masquer.

Quelques tournées plus tard, il est temps de quitter le Benelux. La moitié du groupe est déjà arrivée au Club Soda, nous ayant abandonné afin de ne rien manquer de Cirrhose et Cendrier. En replaçant les chaises empruntées à la table derrière, j’aperçois un étrange type en chaise roulante. Il arrive d’où ma foi? Sûrement de l’intérieur puisque nous bloquions pratiquement le seul accès extérieur tellement nous étions nombreux tantôt. L’homme me regarde, en buvant maladroitement sa bière qui tombe en partie sur son coton ouaté du Canadien. Après un timide rot, il me dit: « Votre soirée est loin d’être terminée! » Je rejoins rapidement les autres qui marchent déjà sur Sherbrooke sans même lui répondre…

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Au Club Soda, la bière n’est vraiment pas à la hauteur après avoir terminé en force avec une Grande Armada Réserve au Benelux. Peu importe, je suis là pour les prestations. Cirrhose et Cendrier est à la hauteur de mes attentes. Plusieurs amateurs du band sont là, ils connaissent bien les morceaux et s’agitent frénétiquement près de la scène. Je me mêlerais bien à eux mais je dois jeter un coup d’oeil sur Rio, qui dort debout, en échappant à chaque sursaut des millilitres de sa bière sur les pieds de Naty, et sur la douce à Philozique qui a du mal à demeurer à la verticale, gracieuseté des shooters du Hipster.

Incroyable mais vrai, le Roos Spekto est de plus en plus à jeun au fil de la soirée. La fraîcheur de la IPA laisse certes à désirer mais il y a également mon instinct qui me susurre à l’oreille que j’aurai avantage à demeurer lucide et, surtout, en bas du seuil critique nommé point zéro huit. Inutile de m’applaudir cher lecteur, je ne carbure pas à cela pour bien agir et me sentir valorisé.

Quand Opened Fist se présente sur les planches pour nous balancer les grands succès de System of a Down, une furieuse fièvre s’empare du club. Quand même spécial qu’un tribute band attire plus que des groupes jouant leur propre stock, mais ça, c’est un autre débat. Le Stud me tire par le collet vers le rond chaud. Pas le choix, je dois abandonner momentanément Rio et Mme Philozique. De toute façon, j’ai déjà perdu de vue mon frère.

Ironiquement, je retrouve Rio au milieu du thrash, contrôlé comme toujours par le Stud lui-même. Un véritable agent de circulation celui-là! D’après moi, il y avait plusieurs Rio dans cette section auparavant car beaucoup de liquide recouvre le plancher, ce qui ajoute à la difficulté de demeurer debout à chaque contact. Ça frappe tout au long de l’interprétation des pièces de l’album Toxicity, galette jouée intégralement. Au milieu de Aerials, j’aperçois Rio qui flotte dans sa tête pas trop loin du stage. Pousty et le Stud se paient sa gueule. Puis mon cell se met à vibrer. Deux messages. Le premier de MA Rush, il m’annonce qu’il a quitté car il souffrait de voraces ballonnements intestinaux. Le deuxième de Gia. Je dois impérativement revenir m’occuper de la blonde de Philozique qui nage dans son vomi à l’entrée. Maudite affaire!

En quittant précocement les lieux avec ma zombie de circonstances, je croise un drôle de type au regard louche. Il me dévisage comme s’il m’en voulait. Puis un sourire se dessine sur ses lèvres. Il ne prononce aucun mot, mais je pense saisir son message. Je mettrais ma main au feu que cet homme est le même que j’ai rencontré au Benelux. Celui avec la fille d’abord, en chaise roulante ensuite…

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critique de Cirrhose et Cendrier

 

 

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